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Yacine et Walid, déterminés à attenter à leur vie plutôt que d'être expulsés

Les contrôles de police semblent avoir été encore plus nombreux ces derniers temps et beaucoup de personnes arrêtées ! Sans doute, le résultat de la vaste opération de contrôle au niveau européen. Plusieurs personnes sont déjà présentes à l’accueil quand nous arrivons, ce qui est assez rare. Un couple avec un tout petit enfant. C’est le fils d’un monsieur camerounais que sa femme et son cousin sont venus visiter. Nous entamons la conversation, donnons les conseils que nous pouvons.

Silence, on enferme !

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Après de longues semaines de gestation, voici enfin prêtes les deux soirées que nous organisons les 5 et 6 mai prochains au cinéma La Clef, 34 rue Daubenton à Paris dans le 5ème arrondissement : Projection de 7 films sur la rétention des étrangers en Europe avec une réunion publique de l' Observatoire de l'enfermement des étrangers le 5 et un débat public le 6 avec Migreurop . Parallèlement, les dessinateurs Brouck et Meybeck exposeront des planches originales et dédicaceront leurs albums.

Idrissa, malien, en France depuis 14 ans, enfermé au CRA quand la France est au Mali...

Visite de Jacqueline et Christine. Une des pires journées de visite : nous sommes arrivées à 13h, personne en attente dans l’abri de fortune réservé aux visiteurs,  les jeunes femmes policières qui accueillent aimablement  notre demande de visite nous informent qu’une visite est partie un quart d’heure plus tôt, nous pensons donc faire notre première  visite dans trois quarts d’heure… Mais  le temps passe et les visiteurs et leurs accompagnateurs ne réapparaissent pas…. En fait nous allons attendre plus de deux heures !

Jeunesse en rétention

A. , la trentaine, se présente avec le sourire, il remercie d’emblée pour la visite car il a déjà passé 39 jours en rétention sans aucune visite, n’ayant pas d’amis proches sur place. C’est dur ? lui demande-t-on. Oui, c’est dur : « ceux qui en ont l’expérience disent que le CRA, c’est plus dur que la prison, « il n’y a pas de respect » de la part des policiers. Dans les repas, « on ne peut pas manger le plat car la viande n’est pas hallal ». Et puis il y a la peur de l’annonce des vols pour l’expulsion… Il nous parle avec émotion d’un retenu tunisien qui après un premier vol refusé, a entamé une grève de la faim depuis 4 jours car il ne veut absolument pas retourner dans le pays qu’il a quitté. Lui-même a vu un consul qui ne l’a pas reconnu comme ressortissant de son pays.

Visite au CRA des femmes

Première visite au CRA 4, situé au Palais de justice de Paris. Par Odile et  Christine. C’est vraiment un choc ! Pour pénétrer dans le Palais, il faut passer un contrôle de sécurité effectué par la gendarmerie : sacs au laser et personnes à la poêle à frire ; après, il faut s’enquérir de l’emplacement du CRA, qui, bien évidemment n’est pas indiqué : « Au fond de la cour à droite, escalier Y », nous dit-on à l’accueil. Arrivées à l’escalier Y, nouvelle demande d’information auprès d’une charmante employée qui travaille dans un réduit sombre, en haut des marches ; comment fait-elle pour garder le sourire ? « Traverser le hall, la cour à droite et là où il y a plein d’agents de police, c’est le dépôt, c’est là ». Nous nous trouvons devant… une porte de prison, toquons à l’énorme battant et pénétrons dans un sas impressionnant : derrière nous, l’énorme porte, bardée de fer, devant nous, une grille barre l’accès à un hall...

2 visites : contrôle au faciès et les laissés-pour-compte de la circulaire Valls

Une jeune femme attend dans la guérite quand nous arrivons au CRA. Comme chaque jour depuis 1 semaine, elle vient visiter son mari, un jeune tunisien, en France depuis seulement 2 ans. Ils n’ont fait qu’un mariage religieux, nous explique-t-elle (mariage musulman, supposons-nous, car la jeune femme est française, et il semble difficile d’imaginer le contraire), et son mari n’a pas fait de demande carte de séjour. Sa femme a l’air assez fataliste quant à l’issue de la rétention. Arrive ensuite une femme sénégalaise avec un jeune homme. Ils viennent visiter leur jeune frère, dernier de la fratrie à rejoindre la famille presque toute en France, et dont certains sont français. Sa sœur craint un renvoi au Sénégal, « car il a un dossier là-bas… ». Nous lui expliquons le rôle du JLD devant lequel son frère va passer dans 3 jours. Nous attendons très peu de temps et montons tous pour la visite. Heureusement car il fait un froid humide et glacial. Brigitte, pour qui c’est une premiè...

La tête du fonctionnaire

Je m’approche de la guérite, prête en tendant ma pièce d’identité, à décliner mon état-civil comme la semaine dernière, mais le policier se contente de noter nos noms sur son registre. Soit ! On nous appelle rapidement pour la visite et là, si le fonctionnaire tient bien en main sa « poêle à frire », il n’en fait pas usage et se contente de la balancer à bout de bras comme une baguette de majorette, en nous accompagnant au parloir. Re-soit ! Au parloir, je présente mon sac plastique, contenant exactement les mêmes choses que vendredi dernier, dont la fameuse boîte de chocolats, qui d’arme du crime la semaine dernière, est devenue aujourd’hui… une inoffensive boîte de chocolats ! Re-re-soit !