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Affichage des articles du 2018

KARIM, 31 ANS SE SUICIDE AU CENTRE de RÉTENTION de CORNEBARRIEU.

Nous publions le communiqué de presse du CERCLE des VOISINS du CENTRE de RÉTENTION de CORNEBARRIEU (Toulouse) à propos de ce suicide. À la suite, le lien vers le sujet traité par FR3 Midi-Pyrénées avec un interview de David Rohi, responsable national rétention du Pôle enfermement - expulsion de la CIMADE et un autre vers la publication du 27 septembre de la CIMADE sur la situation explosive dans les centres de rétention.




Ce 21 septembre, Karim, âgé de 31 ans s’est pendu au Centre de Rétention. C’est avec une grande tristesse que nous avons appris cette nouvelle dont les causes nous apparaissent clairement :

MANIFESTE DE LA 1ÉRE SESSION DES ÉTATS GÉNÉRAUX DES MIGRATIONS

Manifeste des Assemblées Locales réunies pour la
1ère session plénière des États Généraux des Migrations
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Socle commun pour une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes.

27 mai 2018

Considérant :
- la situation humanitaire déplorable dans laquelle sont laissées nombre de personnes étrangères sur le territoire français ou à ses frontières, privées de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux ;
- les difficultés rencontrées par les personnes étrangères pour faire reconnaître la légitimité de leurs parcours, leurs compétences et leurs droits ;
- les conséquences désastreuses de politiques principalement répressives, fondées sur une application « minimaliste » du droit d'asile, les conditions drastiques pour la délivrance de titres de séjour, la criminalisation de l'entrée irrégulière sur le territoire, la traque, la rétention et l'expulsion de personnes dont la seule faute est de ne pas disposer …

EN FRANCE DEPUIS L'ÂGE DE 12 ANS, À 20 ANS, DJIBRIL VA ÊTRE EXPULSÉ AU SÉNÉGAL DONT IL NE CONNAÎT RIEN...

Peu de monde ce jour-là. Certes nous avons dû attendre longtemps car les policiers ne prenaient qu’une visite à la fois, mais nous avons pu faire nos deux visites à la suite sans redescendre à l’accueil, puisque personne n’attendait. Une visiteuse a pu rester avec son ami tunisien une demi-heure de plus, ce que nous n’avions jamais observé auparavant.


Djibril, 20 ans, Sénégalais, 4e jour de rétention.

Djibril nous apparait tout jeune et très coquet (cheveux jaunis, coupe artistique).
Malgré son calme, il est inquiet car son nom est sur la liste d’un vol annoncé pour le lendemain à destination de Dakar, où il ne connaît plus personne : il est arrivé en France à l’âge de douze ans  avec sa mère dans le cadre d’un regroupement familial.

LE CERCLE INFERNAL DE LA DÉCHÉANCE SOCIALE ACCÉLÉRÉE PAR LA MARGINALISATION DU SANS PAPIER

Abdou, togolais, 36 ans, 8ème jour de rétention.


La rencontre avec Abdou nous amène d’emblée à nous demander pourquoi il  se retrouve dans ce lieu de rétention alors qu’il est arrivé en France à l’âge de 17 ans pour rejoindre sa mère et qu’il n’a pas quitté depuis cette date le territoire français. Il a fait ses études en France, a exercé son activité professionnelle d’infographiste en France, s’est mis en ménage avec une Française, son amour de jeunesse depuis le lycée, a eu un enfant, âgé aujourd’hui de 10 ans, de nationalité  française. Sous divers statuts, étudiant, salarié, vie familiale, la Préfecture lui a fourni des titres de séjour pendant des années, d’autres, comme lui, ont pu alors demander et obtenir la nationalité française.

VISITE AU NOUVEAU PALAIS DE JUSTICE ET AUDIENCE DU JLD

ACTE 1 : la quête


    Voyage rapide depuis Joinville le Pont malgré deux changements. Les lignes de métro et RER n'ont pas encore été prolongées.
Nous hésitons un peu à la sortie du métro. Pas d'affichage très visible.

     Le quartier est encore en plein chantier. Nous longeons des palissades avant de trouver l'entrée du grand bâtiment en verre qui se voit de fort loin : petites entrées de chaque côté...
Première fouille des sacs (personnel très aimable).
Nous entrons et faisons la queue pour la deuxième fouille avec portiques de sécurité.
Accueil à peine correct par des hommes nombreux mais tendus... Aie, aie... je sonne... deux petites pinces à cheveux dans ma poche... Mon sac à main passe au détecteur, repasse en arrière,  re-visionnage (?) et finalement pas de souci...

POURQUOI DES RETENUS FONT-ILS UNE GRÈVE DE LA FAIM ?

Ce récit date d'octobre 2017, mais il est toujours d'actualité. Il est exemplaire de la violence de l'enfermement dans les centres de rétention et de la rancœur qu'elle provoque chez les retenus, victimes de l'inhumanité de l'État français à leur égard... 


Le souci de comprendre la grève de la faim menée par une trentaine  de détenus au cours de la semaine précédente nous a conduites à reprendre contact avec le retenu qui avait cherché à la faire connaître au Parisien en appelant une de ses journalistes. Ce dernier nous avait aussi alerté sur le sort d’un père de 4 enfants vivant en France dont le vol d’expulsion était annoncé, il était désespéré par la perspective d’être séparé de sa famille et inquiet d’une infection de sa main qui le faisait souffrir : l’administration a refusé de l’emmener à l’hôpital et a avancé son vol de plusieurs jours.

RAPPORT 2017 SUR LES CENTRES ET LOCAUX DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE

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Sur le site de la Cimade. Le lien pour télécharger le document se trouve en bas de page Rapport 2017 sur les centres et locaux de rétention administrative 3 juillet 2018 24 centres de rétention sont passés au crible : statistiques précises, témoignages et spécificités locales. Alors qu’un énième projet de loi est en cours de discussion, l’édition 2017 du rapport offre analyses et chiffres inédits pour décrypter une politique migratoire menée au détriment des droits fondamentaux des personnes étrangères.
Rapport commun sur les centres de rétention administrative par ASSFAM Groupe SOS Solidarités, Forum réfugiés-Cosi, France terre d’asile, La Cimade, Ordre de Malte France et Solidarité Mayotte.
Les six associations intervenant dans les centres de rétention administrative présentent leur huitième rapport commun.
En 2017 la barre des 300 enfants enfermés en métropole a été franchie avec 147 familles soit 304 enfants privés de libertés derrière les barbelés de la rétention en métro…

SORTIR !

Et voilà ! malgré toutes mes précautions, je me retrouve enfermé au Centre de rétention de Vincennes. Centre de rétention, quezaco ? Centre de rétention administrative, dites CRA. C’est une sorte de prison où on enferme les étrangers sans papiers.
Et on les enferme pour quoi faire ? Pour pouvoir les expulser plus facilement : ils sont enfermés, on peut les mettre plus facilement dans un avion et hop, retour au bled !

Donc, à mon tour, je me suis fait embarquer : le lieu, bien classique, gare du Nord. On le sait bien, il faut éviter les gares, où les flics peuvent faire des vérifications d’identité plus facilement, mais, bon, éviter les gares, il faut bien aller travailler. Et je dois travailler d’autant plus, que je n’ai pas de papiers, donc, le patron me paie au lance pierre. Aussi,  pour survivre et envoyer un petit quelque chose à ma famille, je dois travailler et prendre ce qu’on me propose.

LES MILLE ET UNE COMPLICATIONS DE LA VIE DE SANS-PAPIERS

Grâce à notre réseau qui fonctionne de mieux en mieux, je suis avertie qu’un retenu a besoin de ses papiers pour établir un recours. Il n’a pas de téléphone au CRA et j’entre d’abord en contact avec son co-retenu, qui me passe Mamoudou.

Mamoudou est hébergé dans un foyer à Carrières sur Seine, l’ami avec qui il partage sa chambre a bien le dossier en question, mais, étant lui-même sans papiers, il ne veut en aucun cas se rendre au CRA. Je prends donc le numéro de l’ami, Ousmane, et je l’appelle. C’est dimanche, Ousmane est cependant au bureau (les sans papiers ne sont pas soumis aux 35 heures !) et nous nous mettons d’accord pour nous retrouver le soir, à la station Châtelet : je prendrai le précieux  dossier et l’apporterai le lendemain à Mamoudou. Le temps passe, j’attends toujours l’appel de Ousmane me disant qu’il est en route pour Châtelet. Je finis par l’appeler : il semble essoufflé et me met au courant de la situation : il est resté tard au travail, il n’y a qu’un train sur deu…

VENIR DU SOUDAN… IMMENSE SOLITUDE

Je rentre du CRA, très alarmée ! Je me précipite sur mon ordi et je cherche les dernières nouvelles sur l’état des droits et des libertés à Khartoum. Il me semblait bien que rien ne paraissait s’améliorer ! Je ne suis pas déçue : de violentes manifestations ont bien eu lieu en janvier, le prix du pain a été multiplié par trois, des journalistes ont été arrêtés, il y a eu des morts. La guerre sévit toujours au Darfour et dans les états de Kordofan-Sud et du Nil bleu ; enfin, l’état d’urgence a été proclamé dans 2 autres états, le Kassala et le Kordofan-Nord.
En revanche, la situation diplomatique du dictateur Ben Béchir, elle, s’améliore : fin des sanctions prises par les États-Unis, reprise des relations diplomatiques avec l’Arabie Saoudite, rupture avec l’Iran, accords économiques et militaires avec la Turquie… Est-ce à cause de cette vitrine diplomatique que l’on renvoie des demandeurs d’asile soudanais dans l’enfer de leur pays ?

RETENUS EN ZONE D'ATTENTE DE ROISSY

Nous publions ici un compte-rendu datant du 14 septembre 2017 mais qui révèle un aspect totalement inconnu du public de la rétention des étrangers dans les aéroports

AUDIENCE TEST À L’ANNEXE DU TRIBUNAL DE BOBIGNY, DÉLOCALISÉE À COTÉ DE LA ZAPI (zone d'attente pour personnes en instance) DE ROISSY




Je pensais à peu près tout connaître des turpitudes « légales » de notre République, surtout en ce qui concerne le droit des étrangers, mais connaître n’est pas voir et maintenant, j’ai vu et entendu.
A l’appel de l’ANAFÉ (association nationale d'aide aux frontières pour les étrangers), nous nous rendons Christine et moi, à la 3ème audience-test de l’annexe du tribunal de Bobigny, délocalisée à proximité de la Zone d’attente de Roissy. Nous nous trouvons donc dans ces lieux improbables autour de Roissy, entre zones commerciales, dépôts, entreprises, mais aucune habitation. Le chauffeur de bus à qui nous demandons notre chemin s’exclame :
« Ah, vous allez à la zone d’attente, oui, oui, c…

« ON MESURE L'IMPACT PSYCHOLOGIQUE DE LA RÉTENTION »

Un article de Politis relatant la visite de la parlementaire FI Danièle Obono au CRA de Vincennes.

Au centre de rétention de Vincennes, les personnels s’interrogent sur le nouveau projet de loi et l’allongement du délai de rétention, alors que l’organisation n’est conçue que pour de courts séjours. Reportage.
Le jeune homme a les yeux écarquillés. « Entre ! », « entre ! », crie-t-il de l’autre côté de la porte. Difficile de savoir s’il s’adresse au commandant du centre de rétention (CRA) et au commissaire divisionnaire, ou aux deux visiteuses qu’il entrevoit derrière la partie vitrée. Danièle Obono le voit aussi et l’entend. La députée France insoumise a ouvert son manteau et retiré son écharpe. Elle s’est fait expliquer les procédures d’admission. Le dépôt des objets personnels. Les salles de vidéosurveillance. Les caméras, qui ne sont pas dans les chambres ni dans les sanitaires. Elle a passé beaucoup de portes et jeté un coup d’œil dans de nombreuses pièces, y compris la chambre de «…

AU CRA, ON SOUFFRE TOUJOURS ET ON MEURT PARFOIS…

Toutes les personnes que nous avons rencontrées au CRA (plusieurs centaines) souffrent très profondément de cet enfermement. Quelques rares rencontres avec des gaillards joviaux et décontractés ou avec des SDF soulagés d’être à l’abri pendant l’hiver, ne peuvent cacher l’immense détresse des personnes enfermées. Car tout est réuni pour fabriquer de la souffrance. L’enfermement est injuste, les retenus n’ont commis aucun délit, la preuve, ils sont au CRA et non en prison. Le rapprochement de ces deux notions - enfermement et injustice - ne peut que générer des douleurs, tant morales que physiques.

" EST-CE NORMAL QUE JE SOIS LÀ ALORS QUE JE VIS EN FRANCE DEPUIS 10 ANS ? "

Une disposition de la future loi asile-immigration qui prévoit d'enfermer encore plus longtemps les étrangers sans titre de séjour (90 jours au lieu de 45 actuellement, et jusqu'à 135 jours) a pour effet de pousser certains parlementaires LRM à visiter les centres de rétention un peu partout en France.
Denis Masséglia et Nicole Dubré-Chirat ont visité celui de Vincennes.
Marilyne Baumard, journaliste au journal Le Monde, les y a accompagnés. Voici son article publié le 20 février dernier.
En bas de page, le lien vers l'article de Cécile Dubois publié dans 94 Citoyens.com, qui fait une description très précise de la visite et du lieu, photos à l'appui.

" Est-ce normal que je sois là alors que je vis en France depuis dix ans ? "
Au centre de rétention administrative de Vincennes, sur 4 085 personnes, près d'une sur deux sera remise dans un avion vers son pays d'origine.

 
La télé allumée tente d'habiller la grande salle commune. Mais personne ne la regar…

LE CENTRE DE RÉTENTION, « ENFER PSYCHOLOGIQUE » DES SANS-PAPIERS

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Un article écrit par deux étudiants de l'ESJ de Lille et publié sur le site crée par la 92e promotion de l'école
Derniers sas avant l’expulsion, les 24 centres de rétention recevaient en 2016 près de 46 000 sans-papiers. Souvent fragilisés par leur parcours, ces migrants découvrent un univers oppressant, où le corps devient l’ultime ressource pour résister. Au Mesnil-Amelot, à Palaiseau et à Vincennes, nous avons recueilli des témoignages de l’intérieur.

UN HOMME BRISÉ...

Une professeur de français de l’université de Nanterre nous écrit, via le blog. Elle nous apprend, que, donnant bénévolement des cours de français à des migrants, elle a rencontré Abdullah, un jeune Afghan, l’année dernière. Elle nous en parle avec enthousiasme et... s’inquiète : Abdullah est en centre de rétention à Vincennes ; dubliné, il risque le renvoi en Bulgarie.

MINEUR ENFERMÉ AU CRA : LA MOBILISATION DES RÉSEAUX ÉCHOUE !

Notre amie avocate, Me S., coordonne les permanences d’avocats qui assistent les personnes présentées devant le juge des libertés et de la détention, qui ne disposent pas d’un avocat choisi (donc rétribué pas eux ou leur famille). Un jour de permanence, en parcourant le rôle des personnes présentées, elle s’aperçoit qu’un jeune garçon, se disant mineur, a été enfermé au CRA de Vincennes et conformément à la loi, présenté au JLD pour que ce dernier prolonge sa rétention ou le libère.