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KARIM, 31 ANS SE SUICIDE AU CENTRE de RÉTENTION de CORNEBARRIEU.

Nous publions le communiqué de presse du CERCLE des VOISINS du CENTRE de RÉTENTION de CORNEBARRIEU (Toulouse) à propos de ce suicide. À la suite, le lien vers le sujet traité par FR3 Midi-Pyrénées avec un interview de David Rohi, responsable national rétention du Pôle enfermement - expulsion de la CIMADE et un autre vers la publication du 27 septembre de la CIMADE sur la situation explosive dans les centres de rétention.




Ce 21 septembre, Karim, âgé de 31 ans s’est pendu au Centre de Rétention. C’est avec une grande tristesse que nous avons appris cette nouvelle dont les causes nous apparaissent clairement :

MANIFESTE DE LA 1ÉRE SESSION DES ÉTATS GÉNÉRAUX DES MIGRATIONS

Manifeste des Assemblées Locales réunies pour la
1ère session plénière des États Généraux des Migrations
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Socle commun pour une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes.

27 mai 2018

Considérant :
- la situation humanitaire déplorable dans laquelle sont laissées nombre de personnes étrangères sur le territoire français ou à ses frontières, privées de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux ;
- les difficultés rencontrées par les personnes étrangères pour faire reconnaître la légitimité de leurs parcours, leurs compétences et leurs droits ;
- les conséquences désastreuses de politiques principalement répressives, fondées sur une application « minimaliste » du droit d'asile, les conditions drastiques pour la délivrance de titres de séjour, la criminalisation de l'entrée irrégulière sur le territoire, la traque, la rétention et l'expulsion de personnes dont la seule faute est de ne pas disposer …

EN FRANCE DEPUIS L'ÂGE DE 12 ANS, À 20 ANS, DJIBRIL VA ÊTRE EXPULSÉ AU SÉNÉGAL DONT IL NE CONNAÎT RIEN...

Peu de monde ce jour-là. Certes nous avons dû attendre longtemps car les policiers ne prenaient qu’une visite à la fois, mais nous avons pu faire nos deux visites à la suite sans redescendre à l’accueil, puisque personne n’attendait. Une visiteuse a pu rester avec son ami tunisien une demi-heure de plus, ce que nous n’avions jamais observé auparavant.


Djibril, 20 ans, Sénégalais, 4e jour de rétention.

Djibril nous apparait tout jeune et très coquet (cheveux jaunis, coupe artistique).
Malgré son calme, il est inquiet car son nom est sur la liste d’un vol annoncé pour le lendemain à destination de Dakar, où il ne connaît plus personne : il est arrivé en France à l’âge de douze ans  avec sa mère dans le cadre d’un regroupement familial.

LE CERCLE INFERNAL DE LA DÉCHÉANCE SOCIALE ACCÉLÉRÉE PAR LA MARGINALISATION DU SANS PAPIER

Abdou, togolais, 36 ans, 8ème jour de rétention.


La rencontre avec Abdou nous amène d’emblée à nous demander pourquoi il  se retrouve dans ce lieu de rétention alors qu’il est arrivé en France à l’âge de 17 ans pour rejoindre sa mère et qu’il n’a pas quitté depuis cette date le territoire français. Il a fait ses études en France, a exercé son activité professionnelle d’infographiste en France, s’est mis en ménage avec une Française, son amour de jeunesse depuis le lycée, a eu un enfant, âgé aujourd’hui de 10 ans, de nationalité  française. Sous divers statuts, étudiant, salarié, vie familiale, la Préfecture lui a fourni des titres de séjour pendant des années, d’autres, comme lui, ont pu alors demander et obtenir la nationalité française.

VISITE AU NOUVEAU PALAIS DE JUSTICE ET AUDIENCE DU JLD

ACTE 1 : la quête


    Voyage rapide depuis Joinville le Pont malgré deux changements. Les lignes de métro et RER n'ont pas encore été prolongées.
Nous hésitons un peu à la sortie du métro. Pas d'affichage très visible.

     Le quartier est encore en plein chantier. Nous longeons des palissades avant de trouver l'entrée du grand bâtiment en verre qui se voit de fort loin : petites entrées de chaque côté...
Première fouille des sacs (personnel très aimable).
Nous entrons et faisons la queue pour la deuxième fouille avec portiques de sécurité.
Accueil à peine correct par des hommes nombreux mais tendus... Aie, aie... je sonne... deux petites pinces à cheveux dans ma poche... Mon sac à main passe au détecteur, repasse en arrière,  re-visionnage (?) et finalement pas de souci...

POURQUOI DES RETENUS FONT-ILS UNE GRÈVE DE LA FAIM ?

Ce récit date d'octobre 2017, mais il est toujours d'actualité. Il est exemplaire de la violence de l'enfermement dans les centres de rétention et de la rancœur qu'elle provoque chez les retenus, victimes de l'inhumanité de l'État français à leur égard... 


Le souci de comprendre la grève de la faim menée par une trentaine  de détenus au cours de la semaine précédente nous a conduites à reprendre contact avec le retenu qui avait cherché à la faire connaître au Parisien en appelant une de ses journalistes. Ce dernier nous avait aussi alerté sur le sort d’un père de 4 enfants vivant en France dont le vol d’expulsion était annoncé, il était désespéré par la perspective d’être séparé de sa famille et inquiet d’une infection de sa main qui le faisait souffrir : l’administration a refusé de l’emmener à l’hôpital et a avancé son vol de plusieurs jours.

RAPPORT 2017 SUR LES CENTRES ET LOCAUX DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE

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Sur le site de la Cimade. Le lien pour télécharger le document se trouve en bas de page Rapport 2017 sur les centres et locaux de rétention administrative 3 juillet 2018 24 centres de rétention sont passés au crible : statistiques précises, témoignages et spécificités locales. Alors qu’un énième projet de loi est en cours de discussion, l’édition 2017 du rapport offre analyses et chiffres inédits pour décrypter une politique migratoire menée au détriment des droits fondamentaux des personnes étrangères.
Rapport commun sur les centres de rétention administrative par ASSFAM Groupe SOS Solidarités, Forum réfugiés-Cosi, France terre d’asile, La Cimade, Ordre de Malte France et Solidarité Mayotte.
Les six associations intervenant dans les centres de rétention administrative présentent leur huitième rapport commun.
En 2017 la barre des 300 enfants enfermés en métropole a été franchie avec 147 familles soit 304 enfants privés de libertés derrière les barbelés de la rétention en métro…