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LES MILLE ET UNE COMPLICATIONS DE LA VIE DE SANS-PAPIERS

Grâce à notre réseau qui fonctionne de mieux en mieux, je suis avertie qu’un retenu a besoin de ses papiers pour établir un recours. Il n’a pas de téléphone au CRA et j’entre d’abord en contact avec son co-retenu, qui me passe Mamoudou.

Mamoudou est hébergé dans un foyer à Carrières sur Seine, l’ami avec qui il partage sa chambre a bien le dossier en question, mais, étant lui-même sans papiers, il ne veut en aucun cas se rendre au CRA. Je prends donc le numéro de l’ami, Ousmane, et je l’appelle. C’est dimanche, Ousmane est cependant au bureau (les sans papiers ne sont pas soumis aux 35 heures !) et nous nous mettons d’accord pour nous retrouver le soir, à la station Châtelet : je prendrai le précieux  dossier et l’apporterai le lendemain à Mamoudou. Le temps passe, j’attends toujours l’appel de Ousmane me disant qu’il est en route pour Châtelet. Je finis par l’appeler : il semble essoufflé et me met au courant de la situation : il est resté tard au travail, il n’y a qu’un train sur deu…

VENIR DU SOUDAN… IMMENSE SOLITUDE

Je rentre du CRA, très alarmée ! Je me précipite sur mon ordi et je cherche les dernières nouvelles sur l’état des droits et des libertés à Khartoum. Il me semblait bien que rien ne paraissait s’améliorer ! Je ne suis pas déçue : de violentes manifestations ont bien eu lieu en janvier, le prix du pain a été multiplié par trois, des journalistes ont été arrêtés, il y a eu des morts. La guerre sévit toujours au Darfour et dans les états de Kordofan-Sud et du Nil bleu ; enfin, l’état d’urgence a été proclamé dans 2 autres états, le Kassala et le Kordofan-Nord.
En revanche, la situation diplomatique du dictateur Ben Béchir, elle, s’améliore : fin des sanctions prises par les États-Unis, reprise des relations diplomatiques avec l’Arabie Saoudite, rupture avec l’Iran, accords économiques et militaires avec la Turquie… Est-ce à cause de cette vitrine diplomatique que l’on renvoie des demandeurs d’asile soudanais dans l’enfer de leur pays ?

RETENUS EN ZONE D'ATTENTE DE ROISSY

Nous publions ici un compte-rendu datant du 14 septembre 2017 mais qui révèle un aspect totalement inconnu du public de la rétention des étrangers dans les aéroports

AUDIENCE TEST À L’ANNEXE DU TRIBUNAL DE BOBIGNY, DÉLOCALISÉE À COTÉ DE LA ZAPI (zone d'attente pour personnes en instance) DE ROISSY




Je pensais à peu près tout connaître des turpitudes « légales » de notre République, surtout en ce qui concerne le droit des étrangers, mais connaître n’est pas voir et maintenant, j’ai vu et entendu.
A l’appel de l’ANAFÉ (association nationale d'aide aux frontières pour les étrangers), nous nous rendons Christine et moi, à la 3ème audience-test de l’annexe du tribunal de Bobigny, délocalisée à proximité de la Zone d’attente de Roissy. Nous nous trouvons donc dans ces lieux improbables autour de Roissy, entre zones commerciales, dépôts, entreprises, mais aucune habitation. Le chauffeur de bus à qui nous demandons notre chemin s’exclame :
« Ah, vous allez à la zone d’attente, oui, oui, c…

« ON MESURE L'IMPACT PSYCHOLOGIQUE DE LA RÉTENTION »

Un article de Politis relatant la visite de la parlementaire FI Danièle Obono au CRA de Vincennes.

Au centre de rétention de Vincennes, les personnels s’interrogent sur le nouveau projet de loi et l’allongement du délai de rétention, alors que l’organisation n’est conçue que pour de courts séjours. Reportage.
Le jeune homme a les yeux écarquillés. « Entre ! », « entre ! », crie-t-il de l’autre côté de la porte. Difficile de savoir s’il s’adresse au commandant du centre de rétention (CRA) et au commissaire divisionnaire, ou aux deux visiteuses qu’il entrevoit derrière la partie vitrée. Danièle Obono le voit aussi et l’entend. La députée France insoumise a ouvert son manteau et retiré son écharpe. Elle s’est fait expliquer les procédures d’admission. Le dépôt des objets personnels. Les salles de vidéosurveillance. Les caméras, qui ne sont pas dans les chambres ni dans les sanitaires. Elle a passé beaucoup de portes et jeté un coup d’œil dans de nombreuses pièces, y compris la chambre de «…

AU CRA, ON SOUFFRE TOUJOURS ET ON MEURT PARFOIS…

Toutes les personnes que nous avons rencontrées au CRA (plusieurs centaines) souffrent très profondément de cet enfermement. Quelques rares rencontres avec des gaillards joviaux et décontractés ou avec des SDF soulagés d’être à l’abri pendant l’hiver, ne peuvent cacher l’immense détresse des personnes enfermées. Car tout est réuni pour fabriquer de la souffrance. L’enfermement est injuste, les retenus n’ont commis aucun délit, la preuve, ils sont au CRA et non en prison. Le rapprochement de ces deux notions - enfermement et injustice - ne peut que générer des douleurs, tant morales que physiques.

" EST-CE NORMAL QUE JE SOIS LÀ ALORS QUE JE VIS EN FRANCE DEPUIS 10 ANS ? "

Une disposition de la future loi asile-immigration qui prévoit d'enfermer encore plus longtemps les étrangers sans titre de séjour (90 jours au lieu de 45 actuellement, et jusqu'à 135 jours) a pour effet de pousser certains parlementaires LRM à visiter les centres de rétention un peu partout en France.
Denis Masséglia et Nicole Dubré-Chirat ont visité celui de Vincennes.
Marilyne Baumard, journaliste au journal Le Monde, les y a accompagnés. Voici son article publié le 20 février dernier.
En bas de page, le lien vers l'article de Cécile Dubois publié dans 94 Citoyens.com, qui fait une description très précise de la visite et du lieu, photos à l'appui.

" Est-ce normal que je sois là alors que je vis en France depuis dix ans ? "
Au centre de rétention administrative de Vincennes, sur 4 085 personnes, près d'une sur deux sera remise dans un avion vers son pays d'origine.

 
La télé allumée tente d'habiller la grande salle commune. Mais personne ne la regar…

LE CENTRE DE RÉTENTION, « ENFER PSYCHOLOGIQUE » DES SANS-PAPIERS

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Un article écrit par deux étudiants de l'ESJ de Lille et publié sur le site crée par la 92e promotion de l'école
Derniers sas avant l’expulsion, les 24 centres de rétention recevaient en 2016 près de 46 000 sans-papiers. Souvent fragilisés par leur parcours, ces migrants découvrent un univers oppressant, où le corps devient l’ultime ressource pour résister. Au Mesnil-Amelot, à Palaiseau et à Vincennes, nous avons recueilli des témoignages de l’intérieur.