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MINEUR-E-S NON ACCOMPAGNÉ-E-S : LES EXAMENS OSSEUX DOIVENT ÊTRE DÉCLARÉS CONTRAIRE AUX DROITS FONDAMENTAUX DES ENFANTS.

En centre de rétention nous ne rencontrons pas de mineurs isolés car ils ne peuvent y être enfermés.
Ils sont soit laissés livrés à eux-mêmes dans la rue, soit, quand ils sont reconnus mineurs, pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance. Ce qui ne veut pas dire qu'on s'occupe vraiment d'eux. Ils sont souvent simplement hébergés dans un hôtel social sans suivi particulier.
Pour la détermination de leur minorité, les papiers officiels qu'ils peuvent produire, acte de naissance etc., ne sont jamais reconnus comme tels. L'usage est la suspicion de fraude et le test osseux systématique.


Communiqué commun de la Cimade, de l'ANAFÉ, de Médecins du Monde, du GISTI, du syndicat des Avocats de France, du syndicat de la Magistrature, du Secours Catholique, d'Avocats sans frontières, de La Ligue des droits de l'homme.

HASSAN L'AFGHAN, VICTIME DU RÈGLEMENT DUBLIN ET DE L'INDIFFÉRENCE DE LA SUÈDE AU SORT DE CEUX QU'ELLE EXPULSE

C’est notre réseau qui nous a avertis du cas de M.B. Il s’agit d’un retenu afghan, qui doit être reconduit en Suède… après-demain.
Pour éviter les attentes de l’après-midi, nous nous présentons donc à 10h et demie ; une dame malienne est là pour rendre visite à son frère. C’est la première visite de Laurent et il a promis d’apporter des cigarettes : il a bien fait les choses et sort de son sac… une cartouche ! Qu’à cela ne tienne, je décide de verser ce pactole à la caisse commune de l’Observatoire, après avoir prélevé la part de notre retenu.
« Vous vendez des cigarettes ? me demande la dame.  J’ai oublié d’en prendre pour mon frère. »Nous lui octroyons donc un paquet.
L’attente est brève ; un policier, sans doute un réserviste, plutôt jovial, expédie la fouille, rapport au respect qu’il doit aux dames que nous sommes. En sortant du local de fouille, je fais une horrible grimace à la dame, qui sourit. Puis, nous sommes tous les trois étreints par l’immense tristesse qui suinte, littéra…

VISITE DU CRA PAR DEUX PARLEMENTAIRES, LEUR COMMUNIQUÉ DE PRESSE, ARTICLES ET PHOTOS

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Lundi 21 janvier au matin, Laurence Cohen et Pascal Savoldelli avaient demandé à rencontrer des membres de l'Observatoire avant de visiter le CRA. Voici leur communiqué de presse publié à la suite de cette visite.

En bas de page, vous trouverez les liens vers le très complet article de Cécile Dubois dans 94Citoyens, celui publié dans l'Humanité par Camille Bauer et celui du reportage photos publié dans Politis qui donne un très bon aperçu du lieu.

RÉCIT D'UN VISITEUR

Le CRA.
La zone. Interface.
Par ici c'est un peu l'extrême bordure de l'horizon de Paris, un repli géographique dans lequel il devient propice de dissimuler ce qui doit rester dissimulé. Par ici une nationale raide bordée de verdure, d'arbres, de grillages, de bitume. Les signaux sont absents. Les panneaux sont absents. Les rires sont absents. Il n'y a qu'un sentier que l'on découvre un peu par hasard, entre deux arbres. On étouffe un cri dans des bourrelets de forêt. Les voitures négocient leur virage bruyamment avant de céder au pas aux feux rouges. Ici nous entrons en terra incognita. On parcourt un sentier qui longe un grillage caché dans les buissons. Le regard s'y heurte, s'y colle comme dans une toile d'araignée. Par ici on prévoit les fuites.

DEHORS : LA CABANE - DEDANS : LES CONDITIONS DE RÉTENTION SE DURCISSENT

DEHORS : LA CABANE

La cabane, c’est cette espèce d’abribus en bois, posé devant le CRA, et qui sert de « salle d’attente » aux personnes venues en visite : triste endroit, avec une simple planche pour s’assoir, le sol jonché de mégots. Comme cette cabane est complètement ouverte, on y cuit en été, on y gèle en hiver, quand il vente, on y reçoit des tourbillons de poussière et quand il pleut, les rafales y pénètrent largement. Triste endroit, où les familles, les amis et les soutiens des retenus viennent s’assoir, lourdement chargés de vêtements et de victuailles, accablés par l’angoisse : leur proche sera-t-il expulsé ?

DU CRA DE METZ À CELUI DE VINCENNES

M. J. B. (Camerounais)

Nous sommes arrivées à 13H, un seul visiteur se présente en même temps que nous. Nous l’aiderons d’ailleurs à la guérite, à entrer en contact par téléphone avec son ami retenu, en raison de ses difficultés devant le policier, à identifier et prononcer le nom de cette personne. Il ne parlait que du pays d’origine.
Ensuite nous aurions pu espérer aller au parloir en même temps que ce seul visiteur. Bien au contraire il nous faudra attendre 14H15 pour être appelées.
Nous rencontrons M. J. B., d’emblée souriant et heureux d’avoir une visite. Il est originaire de l’est du Cameroun, en France de 1990 à 2000 pour poursuivre ses études. De 2000 à 2010, il retourne au Cameroun et revient en France pour prendre soin de son père gravement malade, celui-ci décédera en 2014.

KARIM, 31 ANS SE SUICIDE AU CENTRE de RÉTENTION de CORNEBARRIEU.

Nous publions le communiqué de presse du CERCLE des VOISINS du CENTRE de RÉTENTION de CORNEBARRIEU (Toulouse) à propos de ce suicide. À la suite, le lien vers le sujet traité par FR3 Midi-Pyrénées avec un interview de David Rohi, responsable national rétention du Pôle enfermement - expulsion de la CIMADE et un autre vers la publication du 27 septembre de la CIMADE sur la situation explosive dans les centres de rétention.




Ce 21 septembre, Karim, âgé de 31 ans s’est pendu au Centre de Rétention. C’est avec une grande tristesse que nous avons appris cette nouvelle dont les causes nous apparaissent clairement :