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Séjour au CRA, tout confort garanti : le ministère de l'Intérieur y veille.

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En juillet 2013, le sénateur Jean-Yves Leconte s’est rendu au CRA de Vincennes, où il a passé un après-midi entier. A l’issue de sa visite, il a demandé des précisions statistiques au Préfet de police et a posé un certain nombre de questions à Monsieur le Ministre de l’Intérieur. Vous trouverez ci-dessous ces éléments de réponse que le sénateur Leconte nous a autorisés à reproduire sur notre blog. La réponse du Ministre de l’Intérieur nous ayant parue en total décalage avec la réalité quotidienne de la vie au centre de rétention, nous publions ci-dessous nos remarques…  Il va de soi que ces remarques n’engagent que leur auteur.

les visites d'avril et mai 2013

Avril 2013 Jacqueline  et Christine Accueil et équipe de policiers, que nous n’avions jamais vus, assez différents des fois précédentes. Trois visites ont été prises ensemble, alors qu’habituellement ce n’est jamais plus de deux visites à la fois. Ensuite tout le monde en même temps dans le local de fouilles, plutôt petit, ce qui faisait quand même cinq personnes, en plus des policiers, alors que d’habitude ce n’est jamais plus de deux personnes à la fois. Ensuite ce fut un très rapide passage à la poêle à frire, ou raquette ou détecteur de métaux, selon les appellations. Les policiers avaient l’air à la fois d’être pressés et de trouver les consignes de sécurité habituelles pas vraiment justifiées. À moins que comme l’a suggéré Jacqueline, il y ait eu des consignes d’assouplissement des conditions de visites ?

De l'autre côté...

Compte rendu de la réunion du vendredi 11 octobre avec le responsable de l’UNSA Police Grand Paris. Nous avions sollicité cette rencontre pour plusieurs raisons : lors de nos visites aux retenus, nous ne manquons pas d’échanger avec les policiers qui nous accompagnent au parloir ; nous les avons même sollicités en urgence pour changer un retenu de CRA, car il se plaignait (en pleurant) du racisme qu’il subissait de la part de ses co-retenus ; par ailleurs, en tant que visiteurs individuels, nous manquons d’informations sur de nombreux aspects de la vie au CRA, que nous ne connaissons que via les paroles des retenus. Cette rencontre était donc la bienvenue et a été fructueuse et enrichissante, loin des discours convenus, de  la langue de bois et des plaintes sur « le manque de moyens ».
Octobre, le CRA des cœurs brisés. Etrange visite, qui n’en est pas une. Aujourd’hui, nous n’entrerons pas dans le CRA, car après 3 heures et demie d’attente, nous avons renoncé. Dès 13h, à « l’accueil » ( guichet sonorisé et barres de fer à la porte), on nous annonce, une fois de plus, la présence d’un consul, ce qui va retarder l’heure des visites. Une famille (3 personnes, un couple âgé et une jeune femme) est toutefois admise, car nous dit la policière, un vol aura lieu cet après-midi.

Kafka devant le CRA

Cette fois encore, nous sommes confrontées au problème « consul ». En effet, arrivées de bonne heure, nous sommes rapidement introduites au parloir, où on nous annonce qu’il faut repartir : le consul d’Algérie est là et il est hors de question d’avoir ensemble des visites privées et celle du consul. Dépitées, nous faisons demi-tour, sortons pour patienter et bien sûr, nous taillons une bavette avec les autres visiteurs, dont  un majestueux Africain.

ILS SONT EN CAGE !

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Ils n’ont commis aucun délit, simplement, ils n’ont pas pu obtenir les quelques grammes de papiers qui leur permettraient de vivre dans le pays qu’ils ont choisi : le nôtre. Pour venir jusqu’ici, ils ont tout laissé dans leur pays d’origine : leur famille, leurs biens et ils ont tout risqué pour construire leur avenir ailleurs, ils ont tout risqué, y compris leur vie. Ils ont tout risqué, parce qu’ils voulaient se construire un autre avenir, au lieu de subir au pays une vie souvent tracée par les traditions ou étouffée par des régimes politiques autoritaires et corrompus. Et maintenant, arrêtés au cours d’un contrôle au faciès, ils sont enfermés au Centre de rétention administrative et ILS SONT EN CAGE ! Ce n’est pas une image, ce n’est pas une métaphore, ils sont réellement EN CAGE ! Aux CRA 2 et 3, il y a une cour de promenade : c’est une dalle de béton, sans arbre, sans verdure et sur la dalle, il y a une véritable volière : un grillage qui recouvre la dalle de béton. Vous ne...

Les visites de février et mars 2013

Février Visite faite par Jacqueline. Ce jour là l’attente est longue, dehors dans le froid. J’attends plus d’une heure seule puis une maman et sa petite fille me rejoignent ; comme je me plains du froid, la maman me dit que le samedi matin précédent, elles ont attendu plus de deux heures... Deux policiers qui ne ramènent aucun visiteur finissent par venir nous chercher alors qu’un troisième visiteur nous rejoint. Nous avons commencé nos visites en février 2012. Malgré le décalage entre la mise en ligne de ce blog et les premiers témoignages recueillis, nous pensons intéressant de les publier et de commencer par le début. Ces premiers témoignages sont regroupés par mois. Nous rattraperons le temps jusqu'à faire coïncider les futures publications avec les périodes concernées et en publiant nos visites les unes après les autres. N C , 25 ans, 25ème jour de rétention. N C n’entretient manifestement aucune illusion sur la possibilité de faire valoir ses droits dans la situation où...