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POURQUOI DES RETENUS FONT-ILS UNE GRÈVE DE LA FAIM ?

Ce récit date d'octobre 2017, mais il est toujours d'actualité. Il est exemplaire de la violence de l'enfermement dans les centres de rétention et de la rancœur qu'elle provoque chez les retenus, victimes de l'inhumanité de l'État français à leur égard...  Le souci de comprendre la grève de la faim menée par une trentaine  de détenus au cours de la semaine précédente nous a conduites à reprendre contact avec le retenu qui avait cherché à la faire connaître au Parisien en appelant une de ses journalistes. Ce dernier nous avait aussi alerté sur le sort d’un père de 4 enfants vivant en France dont le vol d’expulsion était annoncé, il était désespéré par la perspective d’être séparé de sa famille et inquiet d’une infection de sa main qui le faisait souffrir : l’administration a refusé de l’emmener à l’hôpital et a avancé son vol de plusieurs jours.

UN HOMME BRISÉ...

Une professeur de français de l’université de Nanterre nous écrit, via le blog. Elle nous apprend, que, donnant bénévolement des cours de français à des migrants, elle a rencontré Abdullah, un jeune Afghan, l’année dernière. Elle nous en parle avec enthousiasme et... s’inquiète : Abdullah est en centre de rétention à Vincennes ; dubliné , il risque le renvoi en Bulgarie.

NOUVELLE RÉVOLTE ET INCENDIE AU CRA : PAS ÉTONNANT

Le 6 décembre, surlendemain d'une nouvelle révolte et d'un nouvel incendie faisant suite à une tentative d'évasion au CRA 3, dans la nuit du 4 au 5 décembre, nous faisions une visite à un retenu. Celui-ci, n'étant pas dans le bâtiment où cela avait eu lieu, a seulement pu nous faire savoir que les retenus du centre incendié avaient été transférés dans le nouveau bâtiment en cours de construction (CRA 4. Eh oui, il faut enfermer, toujours et encore plus ! ) Les douches n'y étant pas encore en fonction, ils doivent aller se laver dans les autres bâtiments... Espérons pour eux qu'au moins le chauffage est opérationnel ! Cette révolte ne nous a pas étonné.