Calais, une opération humanitaire ???????????

"Alors que la destruction du bidonville enfile son masque d’opération humanitaire, les arrestations et les transferts vers différents centres de rétention s’amplifient. Ainsi, 24 personnes sont transférées de Calais vers le centre de rétention de Vincennes le 26 octobre, suivies de 12 autres le 28. Parmi elles, trois personnes originaires du Soudan ont été présentées à l’ambassade du Soudan pour obtenir les laissez-passer permettant leur expulsion, et ont des vols programmés le 17 novembre via Doha et le 19 en vol direct pour Khartoum. Face à la mobilisation, la préfecture du Pas-de-Calais et le ministre de l’intérieur lâchent du lest, libérant une partie des exilés soudanais enfermés au centre de rétention de Vincennes et risquant l’expulsion pour le Soudan (voir ici, ici et ), mais en maintenant d’autres en rétention.(…...) Sur les trois personnes enfermées au CRA 2, qui n’avaient pas de vol programmé, mais ont eu un rendez-vous avec l’ambassade du Soudan pour qu’elle délivre le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, deux ont été libérées et une reste en rétention.
Dans le CRA 3, Ibrahim ainsi qu’une autre personne qui n’avait pas encore de vol programmé ont été libérés. Par contre, Baker est maintenu en rétention et a un vol programmé pour demain [22/11] 21h20 avec changement à Doha. "
Voir le blog Passeurs d'hospitalités auteur de ce texte.


Amnesty International lance une campagne de mobilisation pour protester auprès du ministère de l'intérieur :

"Baker, originaire du Kordofan du sud a été interpellé à Calais suite au démantèlement du campement. Il a reçu une obligation de quitter le territoire français et a été mis en détention à cette fin. Or, les soudanais, et particulièrement les personnes originaires du Kordofan du sud ne doivent pas être renvoyées dans leur pays d’origine.
La situation des droits humains au Soudan continue d’être alarmante, notamment dans les régions en conflit tels que le Darfour, le Kordofan du Sud ou encore l’Etat du Nil Bleu.
Les agents de sécurité interrogent systématiquement les personnes renvoyées au Soudan. Ces services ont souvent été responsables de violations graves des droits humains, tels le recours à la détention arbitraire, la torture et des mauvais traitements.
En aout 2016, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur l’expulsion de 40 personnes identifiées comme soudanaises ont été renvoyées d’Italie vers le Soudan.
Les autorités françaises ont toujours indiqué ne pas vouloir procéder à des renvois vers le Soudan.. Le refoulement de Baker risque donc de créer une nouvelle politique qui pourrait avoir des répercussions catastrophiques pour d’autres soudanais.

Ibrahim C. n’est plus détenu en centre de rétention en vue de son renvoi. En revanche, Baker reste en détention et son vol est toujours prévu pour demain, le 22 novembre. Continuons d’interpeller le Ministre de l’intérieur ! En savoir plus "

Baker a refusé de monter dans l’avion qui devait l’emmené vers Doha puis Khartoum. Comme nous le savons, refuser une première tentative d’expulsion est toléré. La seconde tentative a toute les chances d’être beaucoup plus violente et on ne laissera pas à Baker la possibilité de la refuser. Il sera baîllonné et ligoté et ne pourra rien faire. N'hésitez pas à signer et à relayer la lettre qu'Amnesty International propose d'envoyer à Bernard Cazeneuve à l'adresse suivante :

sec.immigration@interieur.gouv.fr
en copie à l'adresse suivante :
scampagne@amnesty.fr

Monsieur le ministre, 
Je vous écris pour vous demander d’interrompre l’expulsion de deux ressortissants Soudanais, Ibrahim C et Baker A, actuellement détenus au centre de rétention de Vincennes et pouvant faire l’objet à tout moment d’un éloignement du territoire. 
Ibrahim C et Baker A sont respectivement originaires du Darfour et du Kordofan du Sud, deux Etats du Soudan où la guerre sévit depuis des années, et où les civils sont victimes de violations graves de leurs droits humains. S’ils sont renvoyés vers Khartoum, Ibrahim C et Baker A risquent en outre de subir des mauvais traitements de la part des services de sécurité soudanais. 
La France est tenue, en vertu de la convention de 1951 relative au statut des réfugiés et de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, de ne pas renvoyer des personnes vers des pays où elles seraient exposées à des risques de violations graves de leurs droits humains. 
Je vous remercie par avance de prendre en compte ma demande en interrompant les procédures d’expulsion en cours. 
Je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de ma haute considération.

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