ILS SONT EN CAGE !


Ils n’ont commis aucun délit, simplement, ils n’ont pas pu obtenir les quelques grammes de papiers qui leur permettraient de vivre dans le pays qu’ils ont choisi : le nôtre.

Pour venir jusqu’ici, ils ont tout laissé dans leur pays d’origine : leur famille, leurs biens et ils ont tout risqué pour construire leur avenir ailleurs, ils ont tout risqué, y compris leur vie.


Ils ont tout risqué, parce qu’ils voulaient se construire un autre avenir, au lieu de subir au pays une vie souvent tracée par les traditions ou étouffée par des régimes politiques autoritaires et corrompus.

Et maintenant, arrêtés au cours d’un contrôle au faciès, ils sont enfermés au Centre de rétention administrative et ILS SONT EN CAGE !

Ce n’est pas une image, ce n’est pas une métaphore, ils sont réellement EN CAGE !

Aux CRA 2 et 3, il y a une cour de promenade : c’est une dalle de béton, sans arbre, sans verdure et sur la dalle, il y a une véritable volière : un grillage qui recouvre la dalle de béton.

Vous ne me croyez pas ? Profitez des beaux jours d’automne pour aller vous promener aux alentours de l’hippodrome ; en suivant la route de Gravelle, direction Joinville, vous pourrez voir à main gauche, au dessus des buissons, les faîtes des deux cages !

Mais voyez-vous, quand on met un homme en cage, il fait tout pour en sortir. Alors, la nuit du 30 au 31 août dernier, onze retenus ont sectionné le grillage et se sont fait la belle ! Onze d’un coup, c’est mieux que le petit tailleur !

Et pour ma part, comme Georges Brassens (excusez du peu !), je ne fais de mal à personne en me réjouissant de voir courir librement onze sans-papiers qui ont –à nouveau– forcé leur destin, destin qui a pris cette fois la forme d’un grillage : bien peu de chose comparé à la traversée du détroit en barcasse.

OUVRONS LES CAGES !

Odile

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